<?xml version="1.0"?>
<rss version="2.0"><channel><title>Articles: Témoignages &amp; Histoires</title><link>https://allezvienstheo.fr/articles/4_t%C3%A9moignages-histoires/?d=1</link><description>Articles: Témoignages &amp; Histoires</description><language>fr</language><item><title>Poudre aux yeux - Tino Gamba</title><link>https://allezvienstheo.fr/articles/4_t%C3%A9moignages-histoires/poudre-aux-yeux-tino-gamba-r19/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/tino_gamba_7.png.d49997ef926ef7d07437fc2eff1d75e3.png" /></p>
<h5><strong>Préambule</strong></h5><p>Ce <abbr title="Intervention de prévention par l’association.">témoignage</abbr> de Tino Gamba, décédé d’une <abbr title="Prise excessive pouvant entraîner la mort.">overdose</abbr> de <a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/">cocaïne</a>, nous a été confié par ses parents.</p><p>Leur fils était un jeune homme aimé, entouré, avec des projets, une histoire, une famille. Comme beaucoup d’autres, il a été confronté à une <abbr title="Dépendance physique ou psychologique à une substance, un comportement ou une activité, qui devient difficile à contrôler malgré les conséquences négatives.">addiction</abbr> qui a fini par lui coûter la vie.</p><p>Le texte qui suit est publié strictement tel qu’il nous a été transmis, sans aucune modification, avec l’accord explicite de ses parents.</p><p>Nous avons fait le choix de le partager afin de respecter leur parole et leur douleur, et parce que ces mots peuvent, peut-être, aider à prévenir d’autres drames.</p><p></p><blockquote class="ipsQuote" cite="" data-ipsquote=""><div class="ipsQuote_contents" data-ipstruncate=""><h4 style="text-align:center;"><strong><span data-i-color="root">Poudre aux yeux</span></strong></h4><h4 style="text-align:center;"><strong><span data-i-color="root">de TINO GAMBA</span></strong></h4><p><span data-i-color="soft">Si la conscience de son fonctionnement était à la portée de chacun d'entre nous, les soucis de la vie quotidienne seraient très certainement moindre.</span></p><p><span data-i-color="soft">Le cerveau humain est un organe complexe à la fois fascinant de par sa capacité à solutionner différentes problématiques plus ou moins complexes avec une efficacité redoutable, mais aussi déroutant, car il peut mener à des fatalités si nous l’écoutons trop.</span></p><p><span data-i-color="soft">L’histoire de ce livre n'est pas la finalité mais bel et bien la continuité d'un long chemin dans la direction du rétablissement. Je n'ai pas la prétention d'arriver à un bonheur absolu, selon moi, ce terme est un objectif, une quête qui ne peut être complètement atteint, le vrai bonheur et le chemin qui y mène, avec ses hauts, ses bas, ses larmes de tristesse mais aussi ses pleurs de rire, ses moments de vide intérieur mais aussi ceux de joie.</span></p><p><span data-i-color="soft">La réalité est que j'ai longtemps cru à ce bonheur en essayant de le chercher sans arrêt, et lorsque celui-ci ne répondait pas, j'en étais convaincu que jamais je ne réussirais à être heureux puisque je ne l’étais pas en permanence.</span></p><p><strong><span data-i-color="soft">Ma rencontre avec la </span></strong><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><strong><span data-i-color="soft">cocaïne</span></strong></a><strong><span data-i-color="soft"> fut le 31 décembre 2022.</span></strong></p><p><span data-i-color="soft">Je n'avais jamais rien consommé auparavant et je ne saurais expliquer pourquoi, mais j'ai de suite eu une accroche avec cette substance, j'en entendais parler dans les films comme étant une drogue populaire et festive.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ce soir du nouvel an j'ai donc décidé d'aller seul acheter mon gramme, j'avais fait connaissance avant d'une personne dans un bar qui me disait qu'il en revendait et nous avions donc échangé nos numéros.</span></p><p><span data-i-color="soft">Après un échange téléphonique je me rendis sur le lieu du rendez-vous et monte dans une voiture afin de procéder à la transaction, je lui demande des conseils en lui expliquant que c'est la première fois de ma vie que j'en prend, il m'écoute et répond à toutes mes questions concernant le produit, il me met en confiance.</span></p><p><span data-i-color="soft">Par la suite, je rejoins mes amis pour aller festoyer, l'ambiance est bonne, tout le monde danse et profite de la dernière soirée de cette année.</span></p><p><span data-i-color="soft">Arrivé à un moment de la soirée, je décide de m'extraire discrètement du groupe pour commencer à prendre mon premier rail, je rentre donc dans les toilettes de ce bar, et une fois rentrée à l'intérieur, verrouille la porte et prépare mon premier rail. Je ne sais pas comment faire et en renverse la moitié à côté.</span></p><p><span data-i-color="soft">Après quelques minutes mon trait est enfin près, je ressens une profonde anxiété, je me rends tout de même compte que ce que je fais est dangereux. Je décide de ne pas réfléchir, et de tenter.</span></p><p><strong><span data-i-color="soft">Après tout c'était juste une expérience de plus.</span></strong></p><p><span data-i-color="soft">Je décide de sniffer mon premier trait d'une traite et d'un seul coup je ressens un regain d'énergie, une euphorie et j'ai l'impression de tout comprendre, d'avoir mes cinq sens débridés. Je poursuis la soirée avec mes amis et très vite ils comprennent ce que je viens de faire, dans l'agitation générale, personne ne dit rien. Je passe une super soirée, tout est génial, j'achète plusieurs bouteilles de champagne, je bois, profite d'une sensation encore jamais connue. Je parle à tout le monde et j'ai l'impression d'être beaucoup plus lucide.</span></p><p><span data-i-color="soft">La fin de soirée approche et nous décidons de repartir, la descente de </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> arrive, et une vague d'anxiété me submerge, je passe la journée dans mon lit, avec un sentiment de vide intérieur immense.</span></p><p><img class="ipsImage ipsImage_thumbnailed ipsRichText__align--left ipsRichText__align--width-custom" data-fileid="77" src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/tino_gamba_1.thumb.png.070497ad352916b5384b5319c89e611a.png" alt="tino_gamba_1.png" title="tino_gamba_1.png" width="909" height="900" data-full-image="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/tino_gamba_1.png.23d0a8de0e12e3e260cc170e50d4eddf.png" style="--i-media-width: 250px;" loading="lazy"><span data-i-color="soft">Tout ce qui monte très haut, redescend aussi très bas, et c'est le cas pour cette drogue, une fois les effets estompés une sensation de mal être très intense va venir vous submerger, les effets agréables laisseront place à une vague d'anxiété et de <abbr title="Trouble émotionnel pouvant aggraver les consommations.">dépression</abbr> pendant toute une journée ou il est aussi très compliqué de manger puisque la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> coupe aussi la faim.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pendant une semaine je n'y retouche pas, mon expérience de cette soirée me convient, mais </span><strong><span data-i-color="soft">la <abbr title="Besoin incontrôlable de consommer un produit.">dépendance</abbr> psychique commence à prendre place rapidement.</span></strong></p><p><span data-i-color="soft">De manière générale, depuis le plus jeune âge, j'ai toujours eu des difficultés de concentration qui persistaient avec des ruminations incessantes.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai toujours été très angoissé de tout, mon cerveau n'était jamais au repos, il fonctionnait tout le temps et ça en devenait épuisant. Les situations de la vie étaient compliquées car j'analysais tout et voulais systématiquement tout comprendre mais aussi les personnes.</span></p><p><span data-i-color="soft">En effet, j'ai toujours été un grand hypersensible, chaque émotion qui venait, je la prenais en pleine face à un degré beaucoup plus important que ce qu'elle signifiait réellement.</span></p><p><span data-i-color="soft">Plusieurs personnes peuvent avoir des pensées différentes face à un même événement, la manière dont nous raisonnons influence nos émotions et nos comportements.</span></p><p><span data-i-color="soft">Une émotion est un état affectif doté de trois composantes de base :</span></p><ul><li><p><span data-i-color="soft">Composante situationnelle</span></p></li><li><p><span data-i-color="soft">Composante cognitive</span></p></li><li><p><span data-i-color="soft">Composante physiologique</span></p></li></ul><p><strong><span data-i-color="soft">Nos émotions sont donc le fruit de nos pensées.</span></strong></p><p><span data-i-color="soft">Ce n'est pas un événement en particulier qui est la cause de nos émotions et de notre humeur, mais seulement la représentation que l'on s'en fait et les pensées qui nous traversent l'esprit.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pour moi, mes représentations des situations étaient souvent erronées, ce qui engendrait donc des émotions non adaptées.</span></p><p><span data-i-color="soft">La consommation de cette substance avait donc réussi comme par magie à faire taire tous ces maux en un claquement de doigt, avec en supplément un sentiment de bien être intense dû à la libération de |la <abbr title="Neurotransmetteur du système de récompense.">dopamine</abbr>.</span></p><p><span data-i-color="soft">Toutes les substances addictives ont pour effet d'augmenter la concentration de <abbr title="Neurotransmetteur du système de récompense.">dopamine</abbr> au sein de régions cérébrales qui forment le circuit de récompense.</span></p><p><span data-i-color="soft">Le problème est que cette augmentation modifie durablement au sein de ce même circuit les transmissions cérébrales dépendant d'un autre neurotransmetteur, le glutamate, ce qui engendre des comportement addictifs.</span></p><p><span data-i-color="soft">L'activation du circuit de la récompense conduit à la libération finale de <abbr title="Neurotransmetteur du système de récompense.">dopamine</abbr>, le messager chimique du plaisir.</span></p><p><span data-i-color="soft">Cette libération de <abbr title="Neurotransmetteur du système de récompense.">dopamine</abbr> aide à mémoriser le stimulus agréable, c'est ce qui nous amène à répéter un comportement qui nous donne du plaisir.</span></p><p><span data-i-color="soft">Au bout d'une semaine, je décide d'aller en acheter de nouveau. Je me dis que cette drogue m'apporte que des résultats positifs et que le bénéfice est tellement important que je décide de négliger les risques.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pendant à peu près un mois, ma consommation était d'environ un demi gramme par semaine réparti sur deux ou trois soirées, mais très vite, au fur et à mesure que l'<abbr title="Dépendance physique ou psychologique à une substance, un comportement ou une activité, qui devient difficile à contrôler malgré les conséquences négatives.">addiction</abbr> s'est installée, les quantités sont devenues beaucoup plus importantes.</span></p><p><span data-i-color="soft">Comme dit précédemment au début de la consommation un demi gramme me durait à peu près une semaine, quelques semaines plus tard je suis passé à deux grammes par semaine.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je réussissais à ne consommer que le week-end ou soir de fête, mais par la suite j'en ai pris au quotidien, à hauteur d'un gramme par jour. Puis je me résonnais à ne plus prendre chaque jour mais une fois par semaine, seulement je souhaitais prendre en plus grosse quantité.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je pensais que c'était mieux j'ai donc consommé chaque samedi soir deux grammes, et j'ai commencé à voir des effets inquiétants, grosse paranoïa et parfois même des crises d'épilepsie, malgré ça, je recommençais tout le temps, je n'arrivais plus à m'arrêter.</span></p><p><strong><span data-i-color="soft">Le phénomène d'accoutumance commençait à s'instaurer</span></strong><span data-i-color="soft"> et je prenais de la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> pour fonctionner normalement car désormais si je n'en avais pas dans mon corps, j'avais l'impression de ne pas être fonctionnel.</span></p><p><span data-i-color="soft">C'est aussi à partir de ce moment que l'irritabilité se fait ressentir, le manque de sommeil s'ajoute et les troubles alimentaires aussi, je mange beaucoup moins, et mon corps puise dans ces réserves jusqu'à un moment où il craque, je pleure beaucoup, suis en colère pour rien, …</span></p><p><span data-i-color="soft">Je dépensais des sommes conséquentes dans la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> mais aussi beaucoup dans les bars, boîtes de nuit,... Mon manque d'estime me faisait croire qu'il fallait que j'achète des bouteilles et donne de l'argent aux gens pour qu'ils s'intéressent à moi et qu'il m'aiment.</span></p><p style="text-align:center;"><span data-i-color="soft">J'ai même tenté d'acheter l'amour…</span></p><p><span data-i-color="soft">Je voyais mes amis et tous les autres avoir des relations amoureuses et je n'ai jamais réussi à avoir une relation digne de ce nom.</span></p><p><span data-i-color="soft">Cela se comprend, personne ne veut faire sa vie avec une personne qui ne sait pas se gérer, qui fréquente des milieux dangereux.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai donc fréquenté le milieu de la prostitution et plus d'une fois je payais juste pour parler avec une femme, j'essayer de masquer cette solitude au mieux que je le pensais.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je m'attache tellement rapidement que j'avais même l'impression que les prostituées que je voyais étaient d'une certaine manière mes copines, que je sortais avec elle, alors que j'était juste un client...</span></p><p><span data-i-color="soft">Je sortais donc très régulièrement en déboursant des sommes allant jusqu'à deux mille euros pour une soirée.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je me rappelle d'une soirée ou je suis allé seul en boite de nuit et voulant me faire des amis, je décide d'encore une fois acheter une multitude de bouteilles pour que les gens viennent à ma table.</span></p><p><span data-i-color="soft">Tout le monde vient vers moi et j'invite une dizaine de personnes à l'intérieur du carré ou je suis, je parle avec tout le monde et suis sous l'emprise de </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> cette fois-ci encore.</span></p><p><span data-i-color="soft">La soirée se termine et je me sens très mal, je convulse à la sortie de l'établissement et n'ayant personne à mes côtés je rappelle les personnes avec qui j'avais festoyé toute la nuit.</span></p><p><span data-i-color="soft">Is me font comprendre qu'il ne peuvent me venir en aide et qu'ils vont partir, l'un d'entre eux rigole de ma situation, j'ai un sentiment d'abandon poussé à l'extrême, j'avais tout payé à ces gens là et ils me laissaient seul, par terre.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai toujours eu du mal à imaginer que des personnes pouvaient être méchantes, pour moi c'était inconcevable. Je ne voyais pas comment on pouvait agir ainsi à l'égard d'une personne, selon moi quand une personne ne va pas bien peu importe qui elle est je vais l'aider, ça me parait plus que normal.</span></p><p><span data-i-color="soft">Visiblement pas pour tout le monde.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les prises de risques sont venues aussi s'ajouter. Un soir où j'avais consommée, je décide de sortir dehors prendre l'air en écoutant de la musique.</span></p><p><span data-i-color="soft">Au loin, je vois un homme qui était sans domicile fixe et qui, en voyant mon état, me demande si je peux lui donner un peu de ma poudre. Je refuse dans un premier temps et après une négociation de sa part accepte de lui offrir une ligne de coke.</span></p><p><span data-i-color="soft">Il veut la prendre dans la rue et je refuse en lui disant qu'il ya des caméras de partout et que je ne veux pas qu'on nous voit faire ça. Je lui demande donc d'aller chez lui, mais étant donné qu'il était sans logement c'était compliqué. Il appelle un ami à lui et nous allons donc le rejoindre.</span></p><p><span data-i-color="soft">Il est quatre heures du matin et je me retrouve avec deux personnes que je ne connais absolument pas dans un appartement sans lumière, avec des seringues par terre et des fenêtres explosées.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je donne donc un peu de ma substance à ces deux individus et sentant tout de même le danger je dis qu'il faut que je parte car mes amis m'attendent.</span></p><p><span data-i-color="soft">IIs ne veulent pas me laisser repartir car ils voient qu'il me reste de la coke, je ne sais plus comment je me suis débrouillé mais j'ai réussi à m'extirper de cette situation, et suis allé rejoindre mes amis par la suite.</span></p><p><span data-i-color="soft">Quelques mois plus tard j'ai appris que la personne chez qui j'ai été était un ancien prisonnier qui avait égorgé une personne pour une histoire de </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft">.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pendant une longue période, je procédais ainsi : sorties jusqu'à pas d'heure et consommation excessive d'</span><a rel="external" href="https://www.alcool-info-service.fr"><span data-i-color="soft">alcool</span></a><span data-i-color="soft"> et de </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft">, avec des mises en danger à répétition.</span></p><p><span data-i-color="soft">Jusqu'au moment où j'en avais besoin d'encore plus, et j'ai commencé à en prendre une fois toutes les deux semaines, des quantités encore plus importantes, je consommais environ quatre grammes en une demi-journée.</span></p><p><span data-i-color="soft">Jusqu'au moment où j'en avais besoin d'encore plus, et j'ai commencé à en prendre une fois toutes les deux semaines, des quantités encore plus importantes, je consommais environ quatre grammes en une demi-journée.</span></p><p><span data-i-color="soft">Un soir d'été, je décide d'inviter mes amis à la maison, mes parents n'étant pas là. Nous nous baignons, et faisons un barbecue, il était vingt heures et j'ai commencé à prendre mes premiers rails vers 16 heures.</span></p><p><span data-i-color="soft">A cette soirée je mixais car je fait de mon temps libre un peu de musique, arrivé à un moment de la soirée, juste après être sorti des toilettes pour me refaire un trait, je reprends les platines, ai l'impression de mixer à l'envers, la musique n'a aucun sens, je tombe, et fait une crise d'épilepsie.</span></p><p><span data-i-color="soft">Le SAMU vient et je fini la soirée à l'hôpital, une fois de plus. Le lendemain, mes amis reviennent me chercher à la sortie de l'hôpital, je reste à la maison avec eux.</span></p><p><span data-i-color="soft">Une fois qu'ils sont partis je décide d'avoir un moment d'introspection et je me retrouve seul dans ma chambre, réfléchis et après réflexions, j'en conclu qu'il faut que je parte, loin, faire le point sur ma vie.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai alors</span><strong><span data-i-color="soft"> l'idée de traverser l'ile de la Réunion à pied</span></strong><span data-i-color="soft"> après avoir visionné quelques vidéos sur YouTube. J'ai toujours eu envie de partir à l'aventure, c'était pour moi le moment.</span></p><p><span data-i-color="soft">Deux semaines plus tard, je m'étais acheté tout le matériel nécessaire y compris les billets d'avion. J'explique à mes parents que je pars traverser l'île de la Réunion, seul à pied, en sac à dos et que je dormirais dans une tente tout le long du périple.</span></p><p><span data-i-color="soft">IIs ne comprennent pas tellement mais on l'habitude de mes idées farfelus, ils sont étonnés mais pas trop non plus.</span></p><p style="text-align:center;"><span data-i-color="soft">Une semaine après je prends l'avion à Paris, et quelques heures plus tard je suis à la Réunion.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je me repose deux jours dans un hôtel et pars un matin en stop jusqu'à St Denis, le nord de l'lle a à peu près 1 heure de voiture de là où je logeais.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je marche pendant de nombreuses heures et arrivé au coucher du soleil je décide d'installer ma tente, et de me préparer à manger. J'avais prévu de la nourriture en poudre à faire chauffer dans un réchaud.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je prépare donc mon réchaud et au moment de fixer |a bonbonne de gaz, je m'aperçois qu'elle n'est absolument pas compatible avec le réchaud.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je ne sais pas comment réagir alors je reste figé, face à mon réchaud, je devais manger froid jusqu'à la fin de mon séjour puisque qu'aucune des bonbonnes de gaz n'était compatible, et j'étais déjà à six heures de marche du premier commerce.</span></p><p style="text-align:center;"><span data-i-color="soft">Pendant dix jours j'ai donc mangé toute ma nourriture, froide...</span></p><p><span data-i-color="soft">Pour la première fois de ma vie je me retrouvais véritablement seul face avec moi-même, loin de tout et je dois l'avouer j'avais peur.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je marchais pendant environ huit heures par jour et le soir c'était toujours le même rituel, j'installais ma tente et essayais de m'endormir sans prêter attention aux nombreux bruits sauvages qui venaient animer la vie nocturne de l'île.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pendant le trajet je rencontre quelques groupes de randonneurs avec qui nous parlons brièvement, les gens sont plutôt agréables et accessibles.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les paysages sont splendides et d'une immensité incroyable, j'ai l'impression d'être une fourmi au milieu de toutes ces montagnes et ça me permet de relativiser sur mes problèmes.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je me dis que finalement ce n'est rien face à tous les éléments qui m'entoure, je modifie ma philosophie de vie en me disant que nous humains, avons l'impression de tout contrôler et en voyant tout ces paysages.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'en conclus que </span><strong><span data-i-color="soft">nous sommes simplement des pions au milieu d'une nature encore plus puissante que je ne l'avais encore imaginé.</span></strong></p><p><span data-i-color="soft">Je finis la traverser et arrive donc au sud de l'île, à St joseph et je n'avais pas prévu le retour donc j'ai du remonter toute l'île en stop, il était une heure du matin et je me pose devant une épicerie, demande à la personne qui y travaille s'il peut demander à ses clients si l'un d'entre eux peut me rapprocher au maximum du nord de l'île.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'attends pendant trois heures, seul sur un trottoir et m'endors. Une personne vient me réveiller et me propose de me remonter jusqu'à st Denis, j'accepte évidemment et monte dans la voiture.</span></p><p><span data-i-color="soft">C'était un couple extrêmement bienveillant et durant tout le trajet ils me racontaient l'histoire de l'Île et me donnaient des fruits locaux, nous rigolons et échangeons dans un climat de confiance.</span></p><p><span data-i-color="soft">Arrivé à destination, il est à peu près six heures du matin et j'arrivais enfin à St Denis, je trouve un banc au bord d'un point d'eau et me pose dessus, et je dors.</span></p><p><span data-i-color="soft">La réception des premiers hôtels ouvrait vers neuf heures, je me réveille donc vers neuf heures et fais le tour des hôtels pour trouver un lieu ou dormir pendant deux ou trois jours afin de me doucher et profiter de l'île calmement.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'en trouve un et m'installe dans l'après-midi dedans, je dors toute l'après-midi et me réveille le soir. Je sors de l'hôtel pour visiter de nuit St Denis, il n'y avait personne, je retourne donc à l'hôtel et me rendors.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les deux jours suivants je me baladais dans la ville et faisais la rencontre de plusieurs personnes, dans les restaurants et bars où l'ambiance était chaleureuse.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je finis la traverser et arrive donc au sud de l'île, à St joseph et je n'avais pas prévu le retour donc j'ai du remonter toute l'île en stop, il était une heure du matin et je me pose devant une épicerie, demande à la personne qui y travaille s'il peut demander à ses clients si l'un d'entre eux peut me rapprocher au maximum du nord de l'île.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'attends pendant trois heures, seul sur un trottoir et m'endors. Une personne vient me réveiller et me propose de me remonter jusqu'à st Denis, j'accepte évidemment et monte dans la voiture.</span></p><p><span data-i-color="soft">C'était un couple extrêmement bienveillant et durant tout le trajet ils me racontaient l'histoire de l'Île et me donnaient des fruits locaux, nous rigolons et échangeons dans un climat de confiance.</span></p><p><span data-i-color="soft">Arrivé à destination, il est à peu près six heures du matin et j'arrivais enfin à St Denis, je trouve un banc au bord d'un point d'eau et me pose dessus, et je dors.</span></p><p><span data-i-color="soft">La réception des premiers hôtels ouvrait vers neuf heures, je me réveille donc vers neuf heures et fais le tour des hôtels pour trouver un lieu ou dormir pendant deux ou trois jours afin de me doucher et profiter de I'lle calmement.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'en trouve un et m'installe dans l'après-midi dedans, je dors toute l'après-midi et me réveille le soir. Je sors de l'hôtel pour visiter de nuit St Denis, il n'y avait personne, je retourne donc à l'hôtel et me rendors.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les deux jours suivants je me baladais dans la ville et faisais la rencontre de plusieurs personnes, dans les restaurants et bars où l'ambiance était chaleureuse.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je commande donc un billet retour pour rentrer chez moi à la fin du séjour et le lendemain reprends l'avion, direction Paris.</span></p><p><strong><span data-i-color="soft">Ce voyage m'a beaucoup apporté</span></strong><span data-i-color="soft">, il m'a prouvé que j'étais capable de partir seul, loin sans I'aide de personne.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je pensais que ce voyage allait changer ma vie, ça a modifié quelques-unes de mes pensées mais ma problématique n'était toujours pas réglée.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ce voyage était une sorte de fuite de la réalité. Une fois revenu sur Besançon, mes démons reprenaient le dessus et je retrouvais la vie que je menais avant le voyage.</span></p><p><span data-i-color="soft">L'un des symptômes de l'<abbr title="Dépendance physique ou psychologique à une substance, un comportement ou une activité, qui devient difficile à contrôler malgré les conséquences négatives.">addiction</abbr> est le phénomène de l'emballement, au tout début des consommations j'arrivais à me gérer en ne consommant que ce que j'avais prévu de consommer.</span></p><p><span data-i-color="soft">Très vite je n'arrivais plus à tenir mes promesses quant à la consommation, j'avais beau me convaincre que je n'allais prendre que telle ou telle quantité, je n'arrivais plus à m’arrêter et finissais tout ce que j'avais sur moi.</span></p><p><span data-i-color="soft">Dans les addictions, les circuits cérébraux sont désynchronisés, les circuits de récompense et de mémoire apprentissage fonctionnent de leur côté, et celui de la motivation et du contrôle fonctionnent isolement.</span></p><p><span data-i-color="soft">Cette désynchronisation de la circuiterie cérébrale se traduit par une perte de motivation et de contrôle, une recherche de récompense immédiate, apprise et enregistrée à force de répétition.</span></p><p><span data-i-color="soft">C'est donc sur ce principe que fonctionnent les drogues, quelles qu'elle soient, ou même des comportements (sexe, jeux de hasard,...).</span></p><p><span data-i-color="soft">Dans un premier temps, ces activités procurent du plaisir, mais au fur et à mesure de la répétition du comportement, les différents circuits cérébraux impliqués dans ces comportements vont se modifier.</span></p><p><span data-i-color="soft">Malgré la meilleure volonté de se gérer, lorsque j'était sous I'influence du produit, je ne pouvais plus me contrôler, contrairement aux idées reçues l'<abbr title="Dépendance physique ou psychologique à une substance, un comportement ou une activité, qui devient difficile à contrôler malgré les conséquences négatives.">addiction</abbr> ne reflète pas une faiblesse ou un manque de volonté chez l'individu dépendant.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les substances psychoactives agissent sur le système cérébrale, l'envahissent, modifient sont fonctionnement.</span></p><p><span data-i-color="soft">Le cerveau subit des perturbations complexes de ses mécanismes, entraînant une perte totale de contrôle du comportement chez ses personnes, il s'agit donc d'une maladie neurologique qui se doit d’être traitée comme telle.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai donc commencé à me mettre en danger, puisque j'arrivais de moins en moins à me contrôler.</span></p><p style="text-align:center;"><strong><span data-i-color="soft">Et c'était le début des overdoses....</span></strong></p><p><span data-i-color="soft">Ma première <abbr title="Prise excessive pouvant entraîner la mort.">overdose</abbr> était le premier octobre 2023, il était un soir où de nouveau j'avais consommée et je ne réussissais pas à m'arrêter, sur une journée j'ai pris quatre grammes et par la suite un ami à moi me propose que l'on se voit afin de manger une pizza au coucher du soleil, j'accepte et lui dit que j'ai pris, il me dit qu'il arrive au plus vite.</span></p><p><span data-i-color="soft">Il est allé chercher les pizzas et je l'attendais sagement sur le parking d'un monument historique de mon village. || me restait encore trois grammes et je voulais les finir absolument, en l'attendant, je décide de sortir mon produit et de tout prendre d'un coup.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je prends donc trois grammes d'une traite en ayant déjà consommé quatre grammes auparavant, je commence à me sentir flotter, une sensation étrange où tout autour était comme flou, je prends vite mon téléphone et appelle cet ami en lui expliquant ce que je viens de faire, il arrive le plus vite possible et nous nous installons dans la voiture.</span></p><p><span data-i-color="soft">Il ne me juge absolument pas, ça ne sert à rien, il analyse chaque chose que je fais, il sent qu'il peut arriver un drame à tout moment, nous roulons et nous nous installons au sommet du village en écoutant de la musique, je me sens de plus en plus mou et d'un coup, fait une crise épileptique.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mon ami est en panique, il appelle le SAMU et mon père étant médecin il décide de m'emmener directement chez moi, il gare la voiture, sonne, et explique à mes parents ce qui se passe.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mon père voit la voiture de mon ami garé, la fenêtre côté passager ouverte, et mes jambes par-dessus, toutes raides. Mon père rentre dans la voiture afin de me maintenir la tête et il me rassure, mais je suis perdu et ne comprends pas ce qui se passe, lorsque j'arrête de convulser, je me mets à hurler et regarder partout autour de moi, je fais une crise de paranoïa.</span></p><p><span data-i-color="soft">Après m'être à peu après calmer, mon père m'emmène à la maison, je chute par terre, ne sens plus mes jambes. Mon copain était en pleurs, il avait peur, il est reparti, témoin d'une situation qu'il n'aurait jamais du vivre.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mes parents m'emmènent aux urgences et je me réveille le lendemain, dans un lit d’hôpital, avec mon père à mon chevet, il me parle et commence à prendre conscience du problème car jusqu'à présent selon lui je prenais pour me donner un genre...</span></p><p><span data-i-color="soft">Je suis donc hospitalisé sous contrainte pendant deux semaines.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pour réussir à se sortir de l'<abbr title="Dépendance physique ou psychologique à une substance, un comportement ou une activité, qui devient difficile à contrôler malgré les conséquences négatives.">addiction</abbr>, il faut tout d'abord reconnaitre qu'il y a un problème, mais surtout, avant tout, il faut être volontaire de s'en sortir, mais ce n'est pas si simple puisque pour moi il était évident que je ne voulais pas continuer ainsi, le souci est que je ne voyais pas d'autre solution.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ce produit répondait à mes besoins avec efficacité puisque je continuais sans cesse.</span></p><p><span data-i-color="soft">Cette hospitalisation a été faite dans un but de <abbr title="Symptômes liés à l'arrêt d'un produit.">sevrage</abbr> avec un objectif d'arrêt pour mes proches et les soignants mais moi, je ne voulais pas arrêter, je savais que j'allais recommencer...</span></p><p><span data-i-color="soft">Une hospitalisation peut être vécue comme étant une expérience traumatisante car pendant une période donnée, vous êtes enfermés dans un établissement clos, sans possibilité de sortie avec pour seule activité des échanges avec des patients qui sont présents pour d'autres problèmes que vous.</span></p><p><span data-i-color="soft">Durant cette hospitalisation, je me faisais réveiller toutes les nuits par des hurlements d'une patiente atteinte de schizophrénie, elle était ma voisine de chambre.</span></p><p><span data-i-color="soft">Cette hospitalisation est venue renforcer en moi ce sentiment de solitude et de peur de l'enfermement, mais aussi de confiance en moi.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pour comprendre comment une situation peut être vécue comme traumatisante, il faut comprendre avant comment nous fonctionnons.</span></p><p><span data-i-color="soft">Deux types de croyances existent, les croyances fondamentales et les croyances intermédiaires.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les croyances fondamentales surviennent tôt dans l'existence et correspondent à une manière très personnelle de se percevoir et de s'auto évaluer.</span></p><p><span data-i-color="soft">Exemple : je suis une mauvaise personne, je ne vaux rien,.. Elles permettent aussi d’évaluer les autres.</span></p><p><span data-i-color="soft">Exemple : tel homme politique est formidable, un autre est nul, mon voisin ne m'aime pas,.. Mais aussi d’évaluer le monde extérieur</span></p><p><span data-i-color="soft">Exemple : Une personne aimée de tout le monde est heureuse, l'argent fait le bonheur,...</span></p><p><span data-i-color="soft">Ces croyances sont généralement inconscientes et prennent la forme de vérité absolue, il est très difficile de les modifier. Pour moi c'était la solitude, à partir du moment où j'en entendais parler je voyais quelque chose de très négatif, c'était un vrai problème.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les croyances intermédiaires surviennent quant à elles ultérieurement, au cours de la vie, diverses influences vont venir modeler les croyances fondamentales et leurs donner une expression finale, une véritable signification.</span></p><p><span data-i-color="soft">Une présomption est une hypothèse découlant directement d'une croyance fondamentale, elle en est la conséquence implicite (si cela est vrai, il en résulte telle chose).</span></p><p><span data-i-color="soft">Par exemple, si une personne dont la croyance fondamentale est la suivante : je ne pourrais jamais être heureux seul, s'il perd un proche important pour lui, ces présomptions seront qu'il ne pourra jamais se débrouiller seul, qu'il ne sera pas heureux,...</span></p><p><span data-i-color="soft">Les présomptions découlent donc directement des croyances fondamentales et ont un impact important pour la personne car elles peuvent créer, renforcer un sentiment d'abandon ou d'impuissance et il peut en résulter toutes sortes d’émotions dysfonctionnelles comme de l’anxiété, de la culpabilité, de la tristesse….</span></p><p><span data-i-color="soft">Ma présomption était donc à ce moment une hypothèse qui n'a fait que renforcer mes croyances de base qui était en lien avec la solitude.</span></p><p><span data-i-color="soft">À la sortie de l'hôpital, j'ai reconsommé six jours après car encore une fois je n'avais pas l'envie d'arrêter, il ne me fallait pas une hospitalisation mais des discussions, présenter des solutions, être dans la compréhension et pas dans le jugement.</span></p><p><span data-i-color="soft">À cette période, je ne voyais pas d'autres solutions que de continuer puisque c'était le seul produit qui réussissait à me faire me sentir bien malgré les répercussions.</span></p><p><span data-i-color="soft">Au début, je réussissais à me payer ma consommation sans difficulté jusqu'à un moment où je comprends que ça va être très compliqué de continuer si je n'ai pas plus de ressources financières. Je commence à m'intéresser au milieu de la délinquance et malgré tous les risques, je prends l'initiative de revendre de la drogue.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je ne prends pas conscience des répercussions qu'il peut y avoir, car je suis obnubilé par une seule chose : me payer ma consommation.</span></p><p><span data-i-color="soft">Rien ne pouvait m'arrêter. Je demande à mon dealeur s'il est possible que je travaille pour lui et après négociation il me confirme que oui, je travaille dés à présent pour lui.</span></p><p><span data-i-color="soft">Il me met en garde sur les risques et me dit très clairement que s'il y arrivait par malheur un incident, il n'hésiterait pas une seconde à employer la violence. Je commence à prendre conscience de l'action que je fais mais ne peux plus reculer, je m'engage.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'effectuais des livraisons aux alentours de Besancon et emmagasinais une somme d'argent plutôt importante, mais qui repartait immédiatement dans ma consommation personnelle. En revendant, j'étais donc exposé directement à la substance.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ce qu'il faut savoir c'est que lorsqu'un client est susceptible d'acheter, on peut lui donner des échantillons gratuitement et il nous rappelle s'il est satisfait du produit. Malgré le risque, je gardais systématiquement les échantillons pour moi, la personne pour qui je travaillais ne s'en était jamais rendu compte, heureusement.</span></p><p><span data-i-color="soft">Après discussions avec mon dealeur il me dit qu'il serait aussi possible de faire encore plus d'argent avec la revente d'armes, il me propose de stocker les armes avec moi, en attendant qu'une personne les achète et qu'il me rémunèrera en contrepartie.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je refuse dans un premier temps, et deux semaines plus tard, le recontacte pour accepter la proposition qu'il m'avait faite auparavant, il m'en fallait encore plus…</span></p><p><span data-i-color="soft">Une semaine plus tard, je stockais dans ma voiture des armes à feu et de la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft">. Je gardais donc ces armes en permanence dans ma voiture et dès qu'un client voulait l'une d'elle, je le livrais, récupérait l'argent et redonnais une partie à la personne pour qui je travaillais.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ce milieu était un milieu que je ne connaissais pas du tout auparavant, à part dans les films.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pour ma part, j'avais une vision mitigée de ce milieu là puisque de manière générale, dans la société, que ce soit dans les films, séries ou même dans certaines musiques, il y'a selon moi une sorte de glorification de ce genre de comportement délinquant.</span></p><p><span data-i-color="soft">Comme s'il était respectable de franchir les limites de l'illégal.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je peux avec certitude assurer qu'il n'y'a absolument rien de glorieux à faire ça et que ce milieu est plus que violent, insécuritaire et sans principe de valeur morale ou autre.</span></p><p><span data-i-color="soft">C'est une course à l'argent ou dès qu'il est possible d'en faire davantage, personne n'hésite une seule seconde à vous escroquer.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai cessé de revendre ces armes après un mois et demi car j'avais peur. Je sentais que je partais complètement en vrille et que cela devenait plus qu'inquiétant.</span></p><p><span data-i-color="soft">Deux mois plus tard, j'ai cessé aussi la revente de drogue je me sentais submergé par tout, je ne dormais jamais tranquillement, je me baladais en ville avec une peur constante, il fallait que j'arrête tout.</span></p><p><span data-i-color="soft">Contrairement à ce que j'aurais pensé, il n'a pas été si compliqué que ça d'arrêter à revendre, je pensais qu'une fois que j'avais mis le pied dedans je ne réussirais à stopper tout mais par chance, pour moi, ce n'était pas le cas.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je pense avoir réussi à tout arrêter car je continuais de consommer chez cette même personne, par crainte de perdre un client fidèle, mon dealeur faisait tout pour que je reste à ses côtés, au moins en tant que consommateur.</span></p><p><span data-i-color="soft">Vu que je n'avais plus de ressources financières, j'ai dû me débrouiller en revendant des vêtements, des ordinateurs, etc,, et je me retrouvais sans rien au fil du temps.</span></p><p><span data-i-color="soft">L'estime de moi était au plus bas, j'était de plus en plus en train de m'enfoncer. Je me rappelle d'un jour ou un SDF avec qui j'avais fait connaissance m'avais demandé de lui avancer de l'argent pour qu'il puisse s'acheter un gramme de </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft">, en échange |l me donnerai le numéro d'un dealeur qui apparemment détenait une coke de qualité incroyable.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'accepte et vais avec lui acheter ma consommation personnelle chez cette personne et avance le fameux gramme à cette personne.</span></p><p><span data-i-color="soft">À la sortie du bâtiment dans lequel nous avions acheté le produit nous nous faufilons derrière un buissons et testons la qualité de cette nouvelle coke.</span></p><p><span data-i-color="soft">On discute et au bout d'un moment je dois rentrer chez moi, l'individu me donne son numéro et me dit qu'il me rendra l'argent la semaine prochaine, Évidemment, il ne me l'a jamais rendu.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je le cherchais donc pendant un moment pour retrouver mon argent, un SDF me devait des sous, j'étais vraiment perdu.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les envies suicidaires étaient très envahissantes à ce moment-là, je voulais que tout s'arrête, et mon état de santé était déréglé, l'accumulation de stress et de fatigue vous fait voir les choses différemment que si vous avez une hygiène de vie irréprochable.</span></p><p><span data-i-color="soft">Un soir d'octobre, je décide de louer une chambre d'hôtel dans Besançon pour pouvoir consommer. Je descends de chez moi en stop et arrivé à Besançon je me dirige dans le premier hôtel que je vois.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je paye, on me laisse une chambre au dernier étage et à peine le temps de déballer mes affaires, je prends mon premier rail.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'écoute ma musique et décide de commander une escort girl dans l’hôtel, la femme vient et me rejoint, mais je n'arrive pas à faire quoique ce soit avec elle puisque la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> est vasoconstrictrice...</span></p><p><span data-i-color="soft">Elle repart et je me retrouve seul, je finis ce qu'il me reste et arrive la dernière trace, la fameuse. Je le prends et à ce moment j'angoisse très fortement, je m'allonge sur le lit et d'un seul coup, je prends une bouteille de coca-cola en verre et me frappe les tempes fortement avec.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai l'impression de perdre le contrôle de mon corps et suis comme robotisé, je fais un raptus suicidaire. Le raptus est une impulsion paroxystique, une violente crise psychologique, à la limite de l'acte volontaire et du réflexe.</span></p><p><span data-i-color="soft">Il s'agit d'un désir soudain, impérieux et parfois violent de faire quelque chose, de passer à l'acte. Je me lève de mon lit et me dirige vers le câble d'une des lampes situés à la droite de mon lit.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je m'allonge et sers au maximum le câble autour de mon cou, je cale sous le pied du lit l'extrémité du câble et me mets de l'autre côté pour exercer une pression.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je pose mon téléphone à coté et met la même musique en boucle "Stubborn love" des Lumineers. Je voulais mourir sur cette chanson.</span></p><p><span data-i-color="soft">Au bout d'un moment, je vois tout autour de moi devenir flou et ne sent plus ma colonne vertébrale, j'ai l'impression de ne plus avoir de dos.</span></p><p><span data-i-color="soft">Le room service de la chambre devait venir et je n'y pensais plus. Je décide de les appeler pour reculer I'heure, je tends mon bras jusqu'au téléphone et perd connaissance.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je me réveille après le téléphone de l'hôtel était par terre et j'arrive à composer le numéro de la réception et je leur demande de venir plus tard mais n'arrive presque pas à parler, la dame raccroche et se doutant qu'il y a avait un problème, elle monte dans ma chambre.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'avais fermé la porte à clef et elle réussit à l'ouvrir quand même, me voyant allongé au sol quasiment inconscient. Elle me demande de retirer le cable et je n'arrive presque plus à bouger alors et me le retire d'elle-même.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je la regarde et pleure, elle pleure aussi en regardant ma tête, qui était gonflée, en oedeme.</span></p><p><span data-i-color="soft">Elle appelle immédiatement les secours et en reprenant mes esprits j'ai le réflexe d'appeler mes parents. Je leur dis que j'ai fait une connerie et qu'il faut qu'ils viennent me voir. lls me demandent ce qu'il se passe et je leur dis de venir sans leur expliquer ce qu'il s'est passé.</span></p><p><span data-i-color="soft">IIs se doutent qu'il y'a un problème et arrivent dans le quart d'heure, je me retrouve dans une chambre d'hôtel allongé avec la police, les pompiers et mes parents dans la chambre.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mes parents me regardent et pleurent. Je vais à ce moment aux urgences pour regarder si je n'avais pas eu de soucis à cause de l'acte.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je reste toute la nuit à l'hôpital et ressors, je n'avais aucune séquelle à part des vaisseaux du visage et du cou qui ont explosé.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'avais perdu le contrôle de moi pour la première fois et j'ai eu très peur ce soir-là. Mais encore une fois je n'avais pas cesser ma consommation.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les descentes de </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> étaient pour moi insupportables, elles me faisaient terriblement peur car elles étaient le synonyme du retour à la vie réelle, celle que j'essayais de fuir au quotidien.</span></p><p><span data-i-color="soft">Un soir de février, après une consommation, je rentre chez moi et décide de vouloir mettre fin à mes jours car je pense que jamais je n'arriverais à me sortir de ça, je m'en veux terriblement et n'arrive plus à me regarder dans une glace, je suis allé trop loin, j'ai fais pleurer ma famille, amis, proches, je veux que ça s'arrête.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mon père étant médecin, je savais OÙ se situait ses ustensiles, et je décide donc de me procurer une seringue avec trois fioles d’adrénaline et une d'acupan.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pour ceux qui ne connaissent pas ces produits ce sont pour l'un, l'adrénaline une substance qui permet de relancer le cœur lorsque quelqu'un à fait un arrêt cardiaque et pour l'autre, l'acupan, un médicament antalgique pour traiter les douleurs aigués.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je prends donc un sac et met tout dedans, avec un passage dans la cave pour prendre une bouteille de vodka. Je prends mon vélo, il est quatre heures du matin, et me pose dans une forêt, à l'abri des regards.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je m'allonge et sans réfléchir prélève une fiole d’adrénaline avec la seringue et me l'injecte dans l'avant-bras, je ressens un mal de crâne atroce, mon cœur ne bat plus, il vibre, je suis en fibrillation...</span></p><p><span data-i-color="soft">Je me sens partir, vois les arbres autour de moi se déformer et j'ai une sensation étrange, j'ai l'impression de revivre ma vie comme dans une bande-annonce, je me vois avec mes amis rigoler, et avec ma famille à Chamonix, dans un chalet, qu'on avait l'habitude de louer il y a plusieurs années.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je reprends mes esprits et pleure à chaudes larmes, je n'avais pas réussi à mourir, je suis en colère et me frappe. Je reprends mon vélo et décide de me reposer un peu plus loin et cette fois-ci je prélève deux fioles d’adrénalines avec l'accupan, me l'injecte, je saigne de l'avant-bras et ça me brule atrocement mais je suis déterminé, je veux que ça cesse.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je repars dans le même voyage que le précèdent, je prie pour réussir à ce que ma vie s'arrête, je refibrille, je vois un voile noir, je pense à ce moment que je suis en train de réellement m'éteindre….</span></p><p><span data-i-color="soft">Quelques minutes plus tard je reprends conscience et suis encore vivant, je touche tout autour de moi pour me confirmer que je suis encore dans la vraie vie, je n'ai toujours pas réussi, je repleure jusqu'à m'effondrer au sol de tristesse et reprends mon vélo, rentre dans ma chambre et vais me coucher, avec ces images dans la tête.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pendant les journées qui suivaient cet épisode, des images ultra violentes ne cessaient de tourner dans ma tête, à partir du moment où je commençais à vouloir m'endormir, je me revoyais en train de m'injecter ses produits, mes pensées étaient sans arrêt en lien avec cette expérience.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pour savoir comment nos pensées fonctionnent, il faut tout d'abord les comprendre, il en existe deux.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les pensées heuristiques (pensées automatiques), et les pensées analytiques, ces pensées heuristiques sont des interprétation direct de situations, bruits, ombre,..et elles vont nous provoquer du stress,.. Ces pensées sont infondées car ce n'est pas du stress utile mais bel et bien des « réflexes » , et les pensées analytiques qui elle sont plus réfléchies.</span></p><p><span data-i-color="soft">Une pensée automatique (heuristique) est une manifestation cognitive brève, non réfléchie, nous concernant nous et les autres.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ces pensées surviennent tout au long de la journée pour évaluer un événement ou une situation, les pensées automatiques dysfonctionnelles viennent au quotidien déformer la situation.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pendant un moment, je n'arrivais donc pas à avoir des comportements adaptés à cause de ce genre de situation, une prise de sang était inenvisageable à la vue d'une aiguille, reprendre mon vélo était aussi compliqué,...</span></p><p><span data-i-color="soft">Cet épisode est venu s'ajouter à d'autres et m'a conforté dans un état d'esprit doloriste. Le dolorisme est une doctrine philosophique, spirituelle ou religieuse qui exalte la douleur pour elle-même car on lui attribue une valeur morale. Je me complaisais donc dans le malheur et la violence car c'était la seule chose que je pensais mériter.</span></p><p><span data-i-color="soft">Une insécurité profondément enracinée ou un manque d'estime de soi peut effectivement pousser certaines personnes à se sentir indignes du bonheur, c'était mon cas.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mon diagnostic a été posé à la suite d'une consommation avec des prises de risque considérables sous l'effet de la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft">.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je revenais d'un bon moment avec mon ami du centre-ville de Besancon, et avant de me déposer à la maison, nous discutions de plusieurs choses au belvédère de mon village, à la vue d'un magnifique coucher de soleil, jusqu'au moment ou je lui dis que ce soir, je souhaite de nouveau prendre de la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft">.</span></p><p><span data-i-color="soft">Malgré la quantité qu'il y a à ma portée, je veux me montrer malgré ça plus fort que le produit et réussir à prendre qu'un seul rail, me poser tranquillement dans ma chambre et m’arrêter là.</span></p><p><span data-i-color="soft">Malgré la réticence évidente de mon ami quant à ce projet tout du moins douteux, je décide de malgré tout le faire.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ce qu'il faut comprendre c'est que quand on est dans le circuit de l'<abbr title="Dépendance physique ou psychologique à une substance, un comportement ou une activité, qui devient difficile à contrôler malgré les conséquences négatives.">addiction</abbr>, le mal-être au quotidien est tellement insupportable que la détermination pour faire soulagement de toutes ces pensées parasites et multipliées, et la seule source d'apaisement connue était pour moi la drogue.</span></p><p><span data-i-color="soft">Malgré toutes les expériences négatives qu'engendraient cette consommation, j'arrivais à me persuader avec tellement de force que j'allais réussir à contrôler ce soir-là que je finissais par y croire.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mon ami m'a donc ramené à la maison, en espérant que je ne consomme pas.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ma mère était assise dans le salon, et après lui avoir dit bonsoir, je me dirige directement dans ma chambre avec un objectif en tête : consommer et me gérer.</span></p><p><span data-i-color="soft">Cette poudre était toujours posée au même endroit. Je la cachais soigneusement à l'intérieur d'un petit sac fait de soie, dans ma table de nuit. Je déballe le sachet et pèse minutieusement la drogue.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je vois qu'il me reste quatre grammes, mais ce n'est pas grave. Ce soir, je vais réussir à me contrôler.</span></p><p><span data-i-color="soft">À chaque début de prise, je suis tellement submergé d'angoisse, que ma gorge me serre à un point où je vais vomir car malgré tout, je ne suis pas dupe, cette fois-ci sera comme les précédentes.</span></p><p><span data-i-color="soft">De retour dans la chambre après mon passage aux toilettes, je prépare mon rail et sans réfléchir, je sniff d'une traite cette trace minutieusement préparée.</span></p><p><span data-i-color="soft">D'un coup, tout ce mal être que je ressentais, les situations de la vie qui était plus que préoccupantes s'étaient envolées d'une traite. Je prends une douche avec la musique au maximum, et profite de ce moment d'euphorie intense.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je veux tellement que ce moment perdure que trente minutes après j'en oublie mes promesses et reprend une autre trace, je redescend dans le salon et entame une discussion avec ma mère, elle me trouve bien, je lui dis que je me sens vraiment moins angoissé.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je lui fais savoir que je ne veux plus reprendre de </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> et que cela fait plus d'un mois que j'ai arrêté. Je lui cache la vérité.</span></p><p><span data-i-color="soft">L'heure d'aller se coucher arrive alors après un dernier bonsoir à ma mère je regagne ma chambre, appelle tout le monde par téléphone et je leur dis que je me sens bien, que je vais gérer, mais je savais pertinemment que non....</span></p><p><span data-i-color="soft">Après quelques mètres à vélo je commence à être terrorisé, j'ai peur que l'on me suive, je fais une crise de paranoïa à hurler, terrorisé par la venue de quelqu'un par surprise.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je reprends mes esprits et profite de ce moment ou je suis plus calme pour me refaire un rail, sous un abribus. Je reprends mon vélo et ma descente et la crise de paranoïa reviennent quelques secondes après, je perds conscience et me réveille dans un fossé, la bouche en sang, je venais de faire une crise d’épilepsie.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je reprends mes esprits et en profite pour de nouveau, refaire un rail....</span></p><p><span data-i-color="soft">Je reprends mon vélo avec les écouteurs au maximum et rejoint une route départementale car c'était l'itinéraire le plus court, au fur et à mesure du trajet je me sens mou, j'ai l'impression de flotter et je commence à avoir des distorsions auditives, je reperds conscience.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je me réveille avec la langue mordue et |la bouche ensanglantée, je venais d'à nouveau faire une crise d’épilepsie. Allongé au milieu de la route je suis perdu, j'hurle et refais une crise de paranoïa. Quelques minutes plus tard je reprends mon vélo et arrive enfin au centre-ville.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je me dirige vers une boîte de nuit bien connue de Besançon, et évidemment au vu de mon état, je me fais refuser l'accès.</span></p><p><span data-i-color="soft">Une fille avec qui j'avais parlé sur une application m'appelle à ce moment et je décroche, lui explique la situation et malgré le fait que jamais nous nous sommes rencontrés, elle décide de me venir en aide.</span></p><p><span data-i-color="soft">La fille était perdue, elle ne savait pas quoi faire, elle avait peur de mes réactions, je lui explique que j'ai l'habitude et que jamais je n'ai été violent auprès de qui que ce soit sous l'emprise du stupéfiant.</span></p><p><span data-i-color="soft">Elle me demande où je dois dormir et je lui dis qu'il y a certainement des gens qui peuvent m’héberger mais qu'ils sont actuellement en train de faire la fête dans une autre boîte de nuit que celle devant laquelle nous sommes garé.</span></p><p><span data-i-color="soft">Elle décide de m'y emmener et durant le trajet nous discutions de plein de choses mais un sujet revenait régulièrement, celui de l'<abbr title="Dépendance physique ou psychologique à une substance, un comportement ou une activité, qui devient difficile à contrôler malgré les conséquences négatives.">addiction</abbr>. Arrivée devant l'établissement, je tente de rentrer pour expliquer au personnel que des amis à moi s'y trouvaient et que j'ai besoin d'eux.</span></p><p><span data-i-color="soft">L'un des videurs ne me répond pas et j'essaye de lui expliquer au mieux la situation, il m'insulte et me repousse violemment dans les escaliers, je chute, et me dirige jusqu'à la voiture de cette fille en pleurant.</span></p><p><span data-i-color="soft">Arrivé à hauteur de sa fenêtre, je sèche mes larmes et lui explique que malheureusement je n'ai pas pu leur parler, on essaye de malgré tout trouver une solution au problème.</span></p><p><span data-i-color="soft">Après discussion, je lui dis qu'un ami à moi habitant en ville peut peut être m’héberger, il est cing heures du matin et nous allons en direction de l'appartement, je sonne à plusieurs reprises et mon ami ouvre la porte presque même plus étonné de la situation car habitué....</span></p><p><span data-i-color="soft">Quelques heures plus tard je reçois un appel de ma mère en panique qui m'explique qu'elle a découvert de la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> en voulant me réveiller ce matin car je ne répondais pas aux appels.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je n'ai pas le choix je lui explique ce qu'il s'est passé et quelques minutes plus tard mes deux parents arrivent devant l'appartement de mon copain.</span></p><p><span data-i-color="soft">IIs m'emmènent aux urgences, et par pur hasard, la médecin de garde qui travaillait ce soir là était celle qui me suivait pour des troubles du comportement avec une suspicion de TDAH.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'étais allongé sur un lit et perfusé et cette femme vient me voir avec un air empathique et bienveillant, elle me propose qu'une fois sorti de l'hôpital, je vienne la voir pour des consultations plus régulières avec une hospitalisation de jour dans le secteur addictologique.</span></p><p><span data-i-color="soft">À la sortie de l'hôpital, j'appelle mes parents pour qu'ils viennent me récupérer, je renfile mes vêtements encore trempées de la veille et bondis dans leur voiture, l'atmosphère est étrange, personne ne dis rien, mais une chose est sûre tout le monde pense la même chose, si je ne fais rien, je vais mourir.</span></p><p><span data-i-color="soft">La médecin avec qui j'ai eu un échange avaient appelé mes parents et nous nous dirigeâmes tout droit direction l'hôpital de jour, je ne pensais pas que le rendez vous avait été aussi rapide…</span></p><p><span data-i-color="soft">J’étais assis face à mon père, les vêtements trempés, encore en descente et après cet entretien on en conclut que la prise en charge est plus que nécessaire, dès la semaine qui vient, j'intègre l'hôpital de jour, face à l'impuissance de mes parents, amis, proches je n'ai pas le choix, après quatres overdoses, et trois tentatives de suicides ou la mort a été frôlé de très près, il faut que je fasse quelque chose, c'est décidé, je me prends en main.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ma mère voulait absolument que je fasse une cure fermée sur Dijon. Je lui fait comprendre qu'encore une fois ça n'allait pas marcher puisque ma peur de l'enfermement allait encore être mise à rude épreuve, elle et mon père ne croyaient pas à mon projet, il pensait que ça n'allait pas marcher, ils voulaient absolument que je sois enfermé....</span></p><p><span data-i-color="soft">Peu de jours après cette entrevue à l’hôpital, plusieurs pensées viennent arborer mes journées, des pensées majoritairement négatives, des remises en question ou malgré les réflexions, j'en conclus que je n'y arriverai pas.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je ne comprends pas pourquoi malgré mon cercle amical plus que bienveillant, compréhensif et aidant, malgré ma famille qui est soutenante et ma situation sociale plus que favorable je réussis encore à me mettre dans des situations de la sorte.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je perds espoir de plus en plus et me dis que finalement je n'ai plus rien à perdre j'essaye et je verrais bien.</span></p><p><span data-i-color="soft">Le premier jour de l’hôpital arrive et je suis directement accueilli par un personnel soignant qui prends mes constantes, ils me font dès les premières minutes plusieurs examens afin de déterminer si je suis en bonne santé, il s'ensuit un entretien à l'issue duquel ils m'expliquent le fonctionnement de l'établissement, les différentes pièces et leurs rôles.</span></p><p><span data-i-color="soft">Après ce premier contact, je me dirige vers la salle à manger, plusieurs personnes sont en train de discuter, et instantanément, on me pose une multitude de questions, comment je m’appelle, quel âge j'ai, …</span></p><p><span data-i-color="soft">Dans cette salle, j'y trouve une sensation d'apaisement, les gens sont sympathiques et me mettent dans un climat de confiance, je ne me sens pas jugé, tout le monde et à l'écoute de chacun.</span></p><p><span data-i-color="soft">Nous commençons à établir un plan d'action sur l'abstinence, on m'explique qu'il y a des solutions, que c'est possible de s'en sortir.</span></p><p><span data-i-color="soft">Je dois venir à l'hôpital chaque jour de la semaine, et il faut que je sois transparent par rapport à toutes les idées qui peuvent émerger pendant cette période de <abbr title="Symptômes liés à l'arrêt d'un produit.">sevrage</abbr>, j'ai peur, mais désormais je suis lancé, cette fois je n'abandonnerai pas.</span></p><p><span data-i-color="soft">Dans la même semaine, nous commençons à faire le diagnostic sur le TDAH et il en conclut que je suis atteint de ce trouble.</span></p><p><span data-i-color="soft">Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement, associé à des petites différences dans la structure et le fonctionnement du cerveau des personnes concernées.</span></p><p><span data-i-color="soft">Caractérisé par des niveaux élevés d’inattention, d'agitation et d'impulsivité, ce trouble est un syndrome source de handicaps cognitifs et relationnels persistants, et parfois sévères.</span></p><p><span data-i-color="soft">Au delà des difficultés qu'il engendre à l’école, au travail,.. mais aussi dans le cadre social et familial, le TDAH entraine un risque accrue de blessures accidentelles, d'addictions, de <abbr title="Trouble émotionnel pouvant aggraver les consommations.">dépression</abbr> et de suicide. 42,7% des personnes présentant un TDAH ont un trouble lié à l'utilisation d'une substance.</span></p><p><span data-i-color="soft">Une étude canadienne a révélé que 1 adulte sur 7 atteint du TDAH a déjà fait une tentative de suicide, contre 1 adulte sur 37 sans TDAH.</span></p><p><span data-i-color="soft">Selon de ressentes analyses, la probabilité d’être impliqué dans un accident de la route est de 54% a 88% plus élevée chez une personne atteinte du TDAH que chez le commun des mortels.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ce trouble concerne 5,9% des moins de 18 ans et 2,8% des adultes.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les chercheurs croient que les symptômes du TDAH surviennent lorsque certaines substances chimiques du cerveau (appelées « neurotransmetteurs ») ne sont pas en état d'équilibre. Les deux neurotransmetteurs que l'on croit être affectés chez les personnes atteintes du TDAH sont la noradrénaline et la <abbr title="Neurotransmetteur du système de récompense.">dopamine</abbr>.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ces substances chimiques sont importantes pour la concentration, la maîtrise des impulsions et la régulation de l'humeur et du comportement.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les deux principaux types de médicaments utilisés pour traiter le TDAH (les agents stimulants et non stimulants) agissent en augmentant les actions de ces neurotransmetteurs.</span></p><p><span data-i-color="soft">Par exemple, on croit que les agents stimulants tels que le méthylphénidate agissent principalement en régulant es substances chimiques du cerveau (la noradrénaline et la <abbr title="Neurotransmetteur du système de récompense.">dopamine</abbr>).</span></p><p><span data-i-color="soft">Je suis donc à la suite du diagnostic traité avec un médicament, le Concerta, a base de méthylphénidate. Je commence aussi à comprendre mon fonctionnement et désormais je suis dans une dynamique positive, j'acquière un état d'esprit positif, et m'implique du mieux que je peux pour la réussite de ce projet.</span></p><p><span data-i-color="soft">Pendant les jours qui suivaient je ne cessais de me dire que si j'arrêtais la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> il en résulterait que des choses positives et que le seul souci était la drogue, à partir du moment ou j'arrêterais ceci, ma vie serait instantanément plus heureuse.</span></p><p><span data-i-color="soft">Or je me rendais compte que malgré l’arrêt, les problèmes revenaient et je commençais seulement de comprendre que le souci n’était pas la coke, ce n'était seulement le symptôme d'une multitude de soucis jamais solutionnés auparavant, il fallait donc que j'entame un véritable travail sur moi-même.</span></p><p><span data-i-color="soft">Avant de pouvoir entamer ce travail sur soi, il fallait reconnaître ses points forts, évidemment, mais aussi ses faiblesses.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai tout d'abord admis que j'avais un mode de fonctionnement différent des autres et que pour réussir à mener une vie paisible, il fallait que je puisse comprendre mes réactions, afin de mieux les gérer.</span></p><p><span data-i-color="soft">Il fallait aussi que je prenne en compte que la </span><a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/"><span data-i-color="soft">cocaïne</span></a><span data-i-color="soft"> m'avait vaincu, qu'elle était plus forte que moi, et qu'il fallait que je m'en sépare avant qu'elle ne me tue.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les journées d'hôpital était majoritairement constituée d'ateliers ou des psychologues, neuropsychologues, psychiatres, venaient nous expliquer comment nous fonctionnons.</span></p><p><span data-i-color="soft">Les ateliers m'ont beaucoup apporté car je comprenais comment je fonctionnais. Le flou, le vide, l'incertitude m'a toujours angoissé et ce séjour m'a permis d'avoir un regard net sur la situation dans laquelle je vivais.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai compris aussi que chaque action que l'on fait s'explique, et que chaque problème a une solution, à partir du moment ou il y'a un problème, il y’a obligatoirement une explication et donc une solution.</span></p><p><span data-i-color="soft">Entamer un travail personnel profond est très perturbant puisqu'il remet en question tout ce qu'il s'est passé que ce soit en bien ou en mal depuis le début de mon existence.</span></p><p><span data-i-color="soft">Une fois que l'anamnèse de ma vie a été faite je devais dès à présent comme recommencer une vie. Au début ce n'était pas facile, mon style de vie était essentiellement constitué de sortie jusqu'à tard le soir, de violence avec les fréquentations liées à la consommation, …</span></p><p><span data-i-color="soft">Il fallait donc commencer par réguler mon sommeil, ce qui été au début compliqué car beaucoup d'image traumatisante venait hanter mes nuits avec des terreurs nocturnes et des cauchemars. Un suivi avec d'EMDR a donc été mis en place pour réussir à mieux vivre avec ces images.</span></p><p><span data-i-color="soft">En EMDR on avance l'hypothèse que les traumas ou les expériences négatives de la vie viennent bouleverser l'équilibre du système de traitement de l'information par le cerveau.</span></p><p><span data-i-color="soft">Ce déséquiliore empécherait le système de traitement de l'information de procéder à une résolution adaptative. En conséquence, les perceptions, émotions, cognitions résultant de notre expérience seraient comme verrouillées dans le système nerveux.</span></p><p><span data-i-color="soft">Le psychothérapeute aide le patient à retrouver en lui un processus naturel de traitement de l'information, comme une sorte de digestion psychique des souvenirs traumatiques.</span></p><p><span data-i-color="soft">L'entourage est plus qu'important dans des situations comme celle-ci. J'ai la chance d'avoir eu un cercle amical extrêmement présent et familial aussi.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mes proches ont tout fait pour tenter de me dissuader de prendre, ils ont toujours été à l'écoute mais malgré tout je continuais à consommer. Encore aujourd'hui, je m'en veux de leurs avoir fait vivre des situations qu'ils n'auraient jamais dû vivre.</span></p><p><span data-i-color="soft">J'ai longtemps pensé que je réussirais à m'en sortir via les autres, et même s’il ont toujours été de bons conseils et qu'il m'ont permis à plusieurs reprises de passer de bon moment, la solution devait venir de moi.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mon entourage a été présent lorsque j'avais de l'argent mais aussi lorsque j'en avais plus, lorsque j'allais bien mais aussi lorsque j'étais au plus bas, et pour ça je leur doit une immense reconnaissance.</span></p><p><span data-i-color="soft">Aujourd'hui ce serait mentir de dire que je n'ai plus envie de consommer, ça m'arrive de temps à autre d'y penser.</span></p><p><span data-i-color="soft">Mais à la différence d'avant, une nouvelle envie est présente, celle de construire de nouveaux projets et de réussir, et cette envie commence doucement à prendre le dessus sur celle de la consommation.</span></p><p><strong><em><span data-i-color="soft">Repose en paix notre Tino</span></em></strong></p><p style="text-align:center;"><img class="ipsImage ipsImage_thumbnailed ipsRichText__align--block" data-fileid="78" src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/tino_gamba_2.thumb.jpeg.0f2756bec8df413ec50173c9333b558f.jpeg" alt="Tino Gamba" title="Tino Gamba" width="600" height="900" data-full-image="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/tino_gamba_2.jpeg.09601a5fc0db018518ff224c8e8a2336.jpeg" loading="lazy"></p></div></blockquote>]]></description><guid isPermaLink="false">19</guid><pubDate>Thu, 15 Jan 2026 18:23:00 +0000</pubDate></item><item><title>Th&#xE9;o, mon fr&#xE8;re</title><link>https://allezvienstheo.fr/articles/4_t%C3%A9moignages-histoires/th%C3%A9o-mon-fr%C3%A8re-r13/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/theo_parachute_1.JPG.9fc314d3d2d2ccee7826dfbb7c96c023.JPG" /></p>
<p>Le moment tant redouté est arrivé.<br><br>Je me l’étais imaginée mille fois, de mille manières… Mais rien ne peut vraiment nous préparer à l’absence. Aujourd’hui, ta famille, tes amis, tes collègues sont réunis ici, autour de toi, pour te dire combien tu comptes pour nous.<br><br>Tu avais souvent peur de ne pas être aimé, et parfois tu doutais de toi. Mais regarde… Regarde autour de toi, mon frère. Tout le monde t’aime. Tu étais un vrai rayon de soleil. <span class="ipsEmoji" title="">☀️</span><br><br>Samedi, quand nous sommes montés boire un verre au Couvent, nous avons été accueillis le cœur serré, par Pim, Anne, Jacqueline et toute l’équipe. Jacqueline nous a dit que chaque fois que tu arrivais sur la terrasse, tout s’illuminait. Tu dégageais une énergie unique, une lumière qui réchauffait les autres.<br><br>Tu aimais tellement ton travail. Chez Jean-Luc et Lucas, tu avais trouvé une deuxième famille. Toute ton équipe t’admirait. Je n’ai jamais vu quelqu’un avec autant de dextérité sur une machine. Depuis tout petit, tu étais passionné. Le bulldozer de papa, le tracteur avec papi et tonton, les pelles mécaniques chez Lagreze… C’était plus qu’un métier, c’était dans ton sang.<br><br><img class="ipsImage ipsRichText__align--left ipsRichText__align--width-custom" data-fileid="60" src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/theo_plage_1.jpg.2f1cf66285b4b818239da895e164079f.jpg" alt="Théo Bony" title="Théo Bony" width="569" height="852" style="--i-media-width: 400px;" loading="lazy">Et bien sûr, la moto cross. Tu connaissais tous les chemins par cœur. Je me souviens de nos sorties, de ces instants volés à la vie où tout semblait simple et beau. Je me rappelle aussi quand je t’apprenais à monter à cheval sur Baboon, et même à faire du saut d’obstacles… C’était un peu fou, un peu toi, un peu nous.<br><br>Tu aimais la vie, et tu la croquais à pleines dents. Tu étais d’une générosité immense. Toujours prêt à aider, à tendre la main, à faire la sourire. Partout où tu passais, tu laissais une trace. Un souvenir. Une chaleur. Un éclat.<br><br>Mais derrière cette lumière, tu menais une bataille. Une bataille contre toi-même. Une bataille invisible. Tu avais tout pour briller et être heureux, mais cette maladie, sournoise et tenace, t’a volé une partie de ta paix.<br><br>Tu avais commencé à me réparer une moto, pour qu’on aille rouler ensemble. Tu avais ce projet en tête, ce lien à entretenir. Je garderai la tienne. Et je continuerai de la faire rouler sur nos chemins, dans nos collines. Dans ce paysage que tu aimais tant.<br><br>Ce que j’aimais peut-être le plus, c’était notre complicité.<br><br>On avait cette espèce de bêtise en commun, ce goût de faire les fous ensemble, de rire sans raison, de ne pas trop grandir, pas trop vite. Il suffisait qu’on se regarde pour se comprendre.<br><br>Je repense à notre course de charriote endiablée, au printemps dernier… Un moment de folie totalement improvisé, c’était toi, c’était nous.<br><br>Tu vivras à travers nous, à travers tous ceux que tu as touchés. Tu seras avec moi dans les montagnes, là-haut, dans ces sommets ariégeois que tu adorais. Tu seras aussi avec moi dans le Lot, dans chaque pierre, chaque sentier, chaque rayon de soleil.<br><br>Quand je vois tout le monde réuni pour toi aujourd’hui, je ressens cette énergie incroyable. Ton énergie. Cette force d’amour et de solidarité qui te ressemble tant.<br><br>Tu voulais donner tellement, notamment chez les pompiers, cette grande famille que tu admirais. Mais ta maladie t’a freiné. Pourtant, aujourd’hui, ils sont là. Eux aussi font partie de cette chaîne d’amour autour de toi.<br><br>Nous sommes tristes, bien sûr. Mais au fond, nous sommes surtout fiers. Tellement fiers de toi.<br>Et moi, plus que tout, je suis fière d’être ta grande sœur.<br><br>Au revoir petit frère.<br><br><strong><em>Léa Bony</em></strong></p>]]></description><guid isPermaLink="false">13</guid><pubDate>Sat, 03 Jan 2026 16:26:00 +0000</pubDate></item><item><title>Th&#xE9;o, mon grand fr&#xE8;re</title><link>https://allezvienstheo.fr/articles/4_t%C3%A9moignages-histoires/th%C3%A9o-mon-grand-fr%C3%A8re-r12/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/Theo_montagne.JPG.6ed6f1bbceaa60fb13593f11834a7339.JPG" /></p>
<p>Regarde autour de toi… Regarde bien.</p><p>Tout ce monde, réuni ici, pour toi.</p><p>Toi qui pensais parfois ne pas être aimé à ta juste valeur, toi qui doutais souvent de toi…</p><p>Tu les vois, tous ces visages, tous ces cœurs serrés ?</p><p>Ils sont là parce qu’ils t’aimaient. Immensément.</p><p>Tu étais un garçon extraordinaire. Un être rare.</p><p>Plein de talents, de passion, d’intuition.</p><p><img class="ipsImage ipsRichText__align--left ipsRichText__align--width-custom" data-fileid="57" src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/theo_hugo_lea.jpg.e6b4992110aa06bb521f5f52d4b676cb.jpg" alt="Léa, Théo et Hugo Bony" title="Léa, Théo et Hugo Bony" width="481" height="568" style="--i-media-width: 400px;" loading="lazy">Quand tu faisais quelque chose, tu y mettais tout ton cœur : la mécanique, les engins, la conduite, ta moto, tes courses…</p><p>Tu vivais à fond.</p><p>Tu avais ce feu en toi, cette énergie brute, cette capacité à t’émerveiller et à transmettre ta passion.</p><p>Je crois, du fond du cœur, que je n’ai jamais rencontré quelqu’un de si gentil, si profondément généreux.</p><p>Tu détestais l’injustice. Elle te révoltait. Elle te rendait littéralement malade.</p><p>Tu aimais les autres, parfois bien plus que tu ne t’aimais toi-même.</p><p>Toujours là pour rendre service, toujours là pour faire plaisir, pour aider, pour consoler.</p><p>Tu donnais sans compter.</p><p>Et pourtant, entre nous, on se disait rarement les choses. On ne se disait pas souvent je t’aime.</p><p>Mais je te le dis aujourd’hui, du plus profond de moi :</p><p>Je t’aime, Théo.</p><p>Tu nous quittes à 28 ans,</p><p>Beaucoup trop tôt.</p><p>Tu t’es battu avec un courage immense, dans un silence souvent pesant, mais tellement digne.</p><p>Tu as tout essayé. Tout donné. Jusqu’à la fin.</p><p>Et si parfois j’ai pu être dur, maladroit, si mes mots t’ont blessé… je te demande pardon.</p><p>J’aurais voulu faire plus. J’aurais voulu t’alléger de ce fardeau que tu portais.</p><p>Tu avais tout pour réussir. On te l’a toujours dit : tu avais de l’or dans les mains.</p><p>Mais dans ce monde, tu te sentais souvent de trop, en décalage.</p><p>Alors qu’en réalité, tu étais précieux. Unique.</p><p>Comme Maxime l’a si bien dit :</p><p>Tu étais un incompris dans ce monde.</p><p>Je garderai à jamais en moi les souvenirs de notre enfance à Pech d’Eau, dans cette grande maison avec la piscine, entourés de papa, maman et Léa.</p><p>Je me souviens de moi, derrière toi sur la moto.</p><p>Je me souviens de toi dans le tracteur de tonton.</p><p>Je me souviens de la trace de ta moto sur la colline, ta fameuse grimpette.</p><p>Et puis ces vacances dans le Verdon, quand on était partis tous les deux rejoindre Léa et Micka.</p><p>C’était simple. C’était heureux.</p><p>J’aurais aimé courir encore plus souvent avec toi. J’aurais aimé arriver un jour à te suivre.</p><p>Et je pense à mon fidèle compagnon à quatre pattes, Obi, qui attendra que tu enfiles tes chaussures… sans te voir revenir.</p><p><img class="ipsImage ipsRichText__align--left ipsRichText__align--width-custom" data-fileid="58" src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2026_01/Hugo_et_theo.JPG.a1b5e670219e521a6971ee36c037430c.JPG" alt="Hugo et Théo Bony" title="Hugo et Théo Bony" width="480" height="640" style="--i-media-width: 400px;" loading="lazy">La vérité, Théo, c’est que la vie sans toi va être terriblement difficile.</p><p>Mais je te le promets : tu vivras à travers nous.</p><p>Dans nos gestes, dans nos choix, dans chaque souvenir qu’on fera exister pour toi.</p><p>Quand maman m’a appelé ce mercredi là, je suis arrivé en pensant que ce n’était pas si grave…</p><p>Mais c’était la fois de trop.</p><p>Tu t’es éteint le 11 juin à 23h33.</p><p>Et nous étions tous là. Papa, maman, Léa, Micka, Alexandra et moi.</p><p>On a pu te dire à quel point on t’aimait. Qu’il n’y avait plus rien à craindre.</p><p>Ton cœur s’est arrêté… mais ton âme, elle, a envahi toute la pièce.</p><p>Tu étais là, encore, autrement.</p><p>Je remercie infiniment toutes les personnes qui se sont battues à tes côtés jusqu’au bout.</p><p>Maintenant, mon frère, tu peux partir en paix.</p><p>Cette douleur immense que tu portais s’est enfin envolée.</p><p>Et nous, on continuera le combat.</p><p>On portera ta voix, ton nom, ta lumière.</p><p>On fera vivre le <abbr title="Événement sportif de l’association Allez viens Théo.">Trail du Bois d’Anglars</abbr>, ton projet, ta fierté.</p><p>Je t’aime plus que tu ne l’auras jamais su.</p><p>Et j’espère de tout mon être que, quelque part, dans un endroit de douceur et de paix, nous nous retrouverons un jour…</p><p>Tous ensemble.</p><p>Dans le Royaume des cœurs purs.</p><p>Envole toi, Théo.</p><p>Nous veillerons les uns sur les autres, c’est promis.</p><p>Tu n’es plus là où tu étais…</p><p>Mais tu seras désormais partout là où je suis.</p><p>Je t’embrasse, fort, pour l’éternité</p><p><strong><em>Hugo Bony</em></strong></p>]]></description><guid isPermaLink="false">12</guid><pubDate>Sat, 03 Jan 2026 16:05:00 +0000</pubDate></item><item><title>A la m&#xE9;moire de Th&#xE9;o</title><link>https://allezvienstheo.fr/articles/4_t%C3%A9moignages-histoires/a-la-m%C3%A9moire-de-th%C3%A9o-r3/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://allezvienstheo.fr/uploads/monthly_2025_11/theo_bord_de_mer.JPG.1b9aa24336ed2aca3e2fd7644f4068a5.JPG" /></p>
<h2><span class="ipsEmoji" title="">💫</span> <strong><em>À la mémoire de Théo</em></strong><em> </em><span class="ipsEmoji" title="">💫</span></h2><p>À l’approche de l’été, des fêtes de village et des festivals, nous souhaitons vous adresser un message.</p><p>Nous sommes les parents, la sœur et le frère de Théo. Un garçon généreux, lumineux, toujours tourné vers les autres. Il vous aimait tous profondément. Il avait un rire contagieux, une énergie folle, une soif de vivre. Mais derrière cette lumière se cachait une lutte invisible, une bataille silencieuse.</p><p>Notre fils, et frère de Léa et Hugo, était dépendant à la <a rel="external" href="https://www.drogues-info-service.fr/Les-drogues/Cocaine"><strong>cocaïne</strong></a>. Il ne voulait pas de cette vie, ni nous faire souffrir. Il a essayé de s’en sortir, encore et encore. Il a frappé à des portes, tendu la main, rechuté, recommencé, espéré. Mais cette <strong><abbr title="Dépendance physique ou psychologique à une substance, un comportement ou une activité, qui devient difficile à contrôler malgré les conséquences négatives.">addiction</abbr></strong>, sournoise et cruelle, l’a enfermé dans une spirale. Il savait à quel point ce piège est facile à ouvrir et presque impossible à refermer seul.</p><p>Pourtant, il n’a jamais abandonné. Le sport, et particulièrement le <strong>trail</strong>, lui donnait une force et un souffle. C’est lui qui a initié le <abbr title="Événement sportif de l’association Allez viens Théo.">Trail du bois d’Anglars</abbr>, un événement qu’il voulait porteur de sens, de solidarité et de dépassement de soi.</p><p>Malgré ses combats intérieurs, il a accompli l’exploit de terminer second de l’<abbr title="Course où Théo a terminé second.">Ultra Trail des Fontaines</abbr>. Courir pendant des heures, affronter la douleur, dompter l’épuisement : il se battait pour reprendre le contrôle.</p><p>Aujourd’hui, il n’est plus là. Et nous, debout, le cœur en miettes, nous nous adressons à vous.</p><p>• À vous, les jeunes, qui touchez parfois à ces poudres en pensant « faire la fête ».<br>• À vous, qui croyez que cela n’arrive qu’aux autres.<br>• À vous, qui ne voyez pas les chaînes qui s’installent doucement, insidieusement.</p><p>Nous ne sommes pas là pour faire la morale. Nous voulons simplement dire la vérité : la <strong>drogue</strong> détruit.<br>Elle prend des vies.<br>Elle brise des familles.<br>Elle ne laisse rien derrière elle.</p><p>Ceux qui luttent ne sont pas faibles : ce sont des guerriers. Mais parfois, malgré leur courage, ils tombent.</p><p>Théo était l’un d’eux. Et nous sommes fiers de lui, même si la mort l’a emporté.</p><p>Nous vous demandons :<br>• <strong>Soyez vigilants</strong><br>• Écoutez ceux qui préviennent<br>• Parlez<br>• Tendez la main<br>• Demandez de l’aide</p><p>Et si un jour vous sentez que vous perdez pied, souvenez-vous de Théo. Souvenez-vous de nous, aujourd’hui, ici, devant vous.</p><p>Ce message n’est pas un adieu. C’est une promesse. La promesse que sa mort ne sera pas vaine. La promesse que vous avez le pouvoir de choisir la vie.</p><p>Continuez à rire, danser, chanter… mais faites-le en conscience.</p><p><strong>Merci pour lui.</strong></p><p><strong><em>Hugo, Léa, Nicole, Xavier Bony</em></strong></p>]]></description><guid isPermaLink="false">3</guid><pubDate>Fri, 28 Nov 2025 16:46:00 +0000</pubDate></item></channel></rss>
