Léa Bony
Bureau association Allez viens Théo
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Théo, mon frère
Le moment tant redouté est arrivé. Je me l’étais imaginée mille fois, de mille manières… Mais rien ne peut vraiment nous préparer à l’absence. Aujourd’hui, ta famille, tes amis, tes collègues sont réunis ici, autour de toi, pour te dire combien tu comptes pour nous. Tu avais souvent peur de ne pas être aimé, et parfois tu doutais de toi. Mais regarde… Regarde autour de toi, mon frère. Tout le monde t’aime. Tu étais un vrai rayon de soleil. ☀️ Samedi, quand nous sommes montés boire un verre au Couvent, nous avons été accueillis le cœur serré, par Pim, Anne, Jacqueline et toute l’équipe. Jacqueline nous a dit que chaque fois que tu arrivais sur la terrasse, tout s’illuminait. Tu dégageais une énergie unique, une lumière qui réchauffait les autres. Tu aimais tellement ton travail. Chez Jean-Luc et Lucas, tu avais trouvé une deuxième famille. Toute ton équipe t’admirait. Je n’ai jamais vu quelqu’un avec autant de dextérité sur une machine. Depuis tout petit, tu étais passionné. Le bulldozer de papa, le tracteur avec papi et tonton, les pelles mécaniques chez Lagreze… C’était plus qu’un métier, c’était dans ton sang. Et bien sûr, la moto cross. Tu connaissais tous les chemins par cœur. Je me souviens de nos sorties, de ces instants volés à la vie où tout semblait simple et beau. Je me rappelle aussi quand je t’apprenais à monter à cheval sur Baboon, et même à faire du saut d’obstacles… C’était un peu fou, un peu toi, un peu nous. Tu aimais la vie, et tu la croquais à pleines dents. Tu étais d’une générosité immense. Toujours prêt à aider, à tendre la main, à faire la sourire. Partout où tu passais, tu laissais une trace. Un souvenir. Une chaleur. Un éclat. Mais derrière cette lumière, tu menais une bataille. Une bataille contre toi-même. Une bataille invisible. Tu avais tout pour briller et être heureux, mais cette maladie, sournoise et tenace, t’a volé une partie de ta paix. Tu avais commencé à me réparer une moto, pour qu’on aille rouler ensemble. Tu avais ce projet en tête, ce lien à entretenir. Je garderai la tienne. Et je continuerai de la faire rouler sur nos chemins, dans nos collines. Dans ce paysage que tu aimais tant. Ce que j’aimais peut-être le plus, c’était notre complicité. On avait cette espèce de bêtise en commun, ce goût de faire les fous ensemble, de rire sans raison, de ne pas trop grandir, pas trop vite. Il suffisait qu’on se regarde pour se comprendre. Je repense à notre course de charriote endiablée, au printemps dernier… Un moment de folie totalement improvisé, c’était toi, c’était nous. Tu vivras à travers nous, à travers tous ceux que tu as touchés. Tu seras avec moi dans les montagnes, là-haut, dans ces sommets ariégeois que tu adorais. Tu seras aussi avec moi dans le Lot, dans chaque pierre, chaque sentier, chaque rayon de soleil. Quand je vois tout le monde réuni pour toi aujourd’hui, je ressens cette énergie incroyable. Ton énergie. Cette force d’amour et de solidarité qui te ressemble tant. Tu voulais donner tellement, notamment chez les pompiers, cette grande famille que tu admirais. Mais ta maladie t’a freiné. Pourtant, aujourd’hui, ils sont là. Eux aussi font partie de cette chaîne d’amour autour de toi. Nous sommes tristes, bien sûr. Mais au fond, nous sommes surtout fiers. Tellement fiers de toi. Et moi, plus que tout, je suis fière d’être ta grande sœur. Au revoir petit frère. Léa Bony
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Soutenir les familles : écouter, accompagner et ne jamais laisser seules
👥 SoutienAider les familles avec bienveillance. Lorsqu’une famille est confrontée aux addictions, elle traverse souvent un chemin semé d’incompréhension, de culpabilité, de peur et d’isolement. C’est un combat silencieux, un combat que l’on mène dans l’ombre, sans toujours savoir vers qui se tourner, sans oser en parler, parfois même sans comprendre comment la situation a pu déraper. Ce que nous avons vécu avec Théo nous l’a appris : les familles ont autant besoin d’écoute, de soutien et d’accompagnement que les jeunes eux-mêmes. L’association Allez viens Théo s’est construite aussi pour elles. Parce que derrière chaque jeune en difficulté, il y a des parents, une sœur, un frère, des proches qui observent, s’inquiètent, s’interrogent, souffrent. Parce que les addictions ne détruisent pas seulement une personne : elles fissurent petit à petit tout un entourage, parfois impuissant, parfois dans l’incompréhension, souvent dans la solitude. Notre rôle est de briser cette solitude. D’offrir un espace de parole, de réconfort, de compréhension. D’aider les familles à mettre des mots sur ce qu’elles traversent, à reconnaître les signes, à accompagner leurs enfants avec bienveillance, sans jugement, sans se sentir dépassées. Nous voulons leur offrir ce que nous aurions aimé entendre, comprendre, recevoir nous-mêmes : – une écoute attentive, – des conseils adaptés, – un accompagnement humain, – des ressources pour mieux agir, – un soutien émotionnel dans les moments où tout semble s’effondrer. Aider les familles, ce n’est pas prétendre avoir toutes les réponses. C’est leur rappeler qu’elles ne sont pas seules. C’est leur redonner confiance, leur donner des clés pour avancer, leur montrer qu’il existe des solutions, des professionnels, des lieux d’aide, des personnes prêtes à les accompagner. C’est aussi les déculpabiliser. Car trop souvent, les familles portent un poids immense, injuste, destructeur : celui de croire qu’elles sont responsables, qu’elles ont échoué, qu’elles auraient dû voir, comprendre, agir plus tôt. La réalité est bien différente : les addictions sont complexes, silencieuses, insidieuses. Elles avancent masquées, sans prévenir, sans distinction. Aucune famille n’est à l’abri, aucune famille n’est fautive. Nous voulons être ce lien, ce relais, cette présence rassurante. Nous voulons offrir un soutien qui apaise, qui éclaire, qui accompagne pas à pas. Nous voulons rappeler que demander de l’aide est un acte de courage, un acte d’amour. Aider les familles avec bienveillance, c’est continuer le combat de Théo, mais aussi tendre la main à tous ceux qui vivent, parfois dans l’ombre, cette même lutte. C’est leur dire que l’on peut avancer ensemble, reconstruire ensemble, et trouver ensemble un chemin vers la sérénité. Parce que personne ne devrait traverser cela seul. Parce qu’une famille accompagnée est une famille plus forte. Parce qu’en soutenant les parents, les frères, les sœurs, nous protégeons aussi les jeunes.
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A la mémoire de Théo
💫 À la mémoire de Théo 💫À l’approche de l’été, des fêtes de village et des festivals, nous souhaitons vous adresser un message. Nous sommes les parents, la sœur et le frère de Théo. Un garçon généreux, lumineux, toujours tourné vers les autres. Il vous aimait tous profondément. Il avait un rire contagieux, une énergie folle, une soif de vivre. Mais derrière cette lumière se cachait une lutte invisible, une bataille silencieuse. Notre fils, et frère de Léa et Hugo, était dépendant à la cocaïne. Il ne voulait pas de cette vie, ni nous faire souffrir. Il a essayé de s’en sortir, encore et encore. Il a frappé à des portes, tendu la main, rechuté, recommencé, espéré. Mais cette addiction, sournoise et cruelle, l’a enfermé dans une spirale. Il savait à quel point ce piège est facile à ouvrir et presque impossible à refermer seul. Pourtant, il n’a jamais abandonné. Le sport, et particulièrement le trail, lui donnait une force et un souffle. C’est lui qui a initié le Trail du bois d’Anglars, un événement qu’il voulait porteur de sens, de solidarité et de dépassement de soi. Malgré ses combats intérieurs, il a accompli l’exploit de terminer second de l’Ultra Trail des Fontaines. Courir pendant des heures, affronter la douleur, dompter l’épuisement : il se battait pour reprendre le contrôle. Aujourd’hui, il n’est plus là. Et nous, debout, le cœur en miettes, nous nous adressons à vous. • À vous, les jeunes, qui touchez parfois à ces poudres en pensant « faire la fête ». • À vous, qui croyez que cela n’arrive qu’aux autres. • À vous, qui ne voyez pas les chaînes qui s’installent doucement, insidieusement. Nous ne sommes pas là pour faire la morale. Nous voulons simplement dire la vérité : la drogue détruit. Elle prend des vies. Elle brise des familles. Elle ne laisse rien derrière elle. Ceux qui luttent ne sont pas faibles : ce sont des guerriers. Mais parfois, malgré leur courage, ils tombent. Théo était l’un d’eux. Et nous sommes fiers de lui, même si la mort l’a emporté. Nous vous demandons : • Soyez vigilants • Écoutez ceux qui préviennent • Parlez • Tendez la main • Demandez de l’aide Et si un jour vous sentez que vous perdez pied, souvenez-vous de Théo. Souvenez-vous de nous, aujourd’hui, ici, devant vous. Ce message n’est pas un adieu. C’est une promesse. La promesse que sa mort ne sera pas vaine. La promesse que vous avez le pouvoir de choisir la vie. Continuez à rire, danser, chanter… mais faites-le en conscience. Merci pour lui. Hugo, Léa, Nicole, Xavier Bony